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Histoire de la Révolution Russe (3)
[January 21, 2012]

03/02/2012 7:55 pm
La tolérance
La tolérance peut sembler être une vertu par excellence, mais en y pensant bien il y a quand même un problème. La bourgeoisie occidentale, rationaliste et empirique, a promu la tolérance au moment où elle perdait peu à peu l’intensité de ses convictions religieuses. Dans ce cas, s’y adjoint une forme d’indifférence de la sphère collective et de l’autrui lointain. «Un humanisme socialiste, en revanche, qui implique le droit pour chaque homme d’exprimer librement ses convictions, exclut l’indifférence envers les opinions des autres, et suppose l’effort commun et permanent de trouver la vérité et d’établir l’accord par la discussion libre, franche et ouverte.» 

01/02/2012 4:37 pm
Belle pièce
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31/01/2012 2:52 pm
Musique
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24/01/2012 5:26 pm
Musique

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21/01/2012 1:18 pm
Histoire de la Révolution Russe (3)
«La révolution d’Octobre 1917 nous apparaît comme la convergence momentanée de deux mouvements : une prise du pouvoir politique, fruit d’une minutieuse préparation insurrectionnelle, par un parti qui se distingue radicalement, par ses pratiques, son organisation et son idéologie, de tous les autres acteurs de la révolution ; une vaste révolution sociale, multiforme et autonome (...) une immense jacquerie paysanne d’abord, [...] l’année 1917 [étant] une étape décisive d’une grande révolution agraire, [...] une décomposition en profondeur de l’armée, formée de près de 10 millions de soldats-paysans mobilisés depuis 3 ans dans une guerre dont ils ne comprenaient guère le sens (...), un mouvement revendicatif ouvrier spécifique, (...), un quatrième mouvement enfin (...) à travers l’émancipation rapide des nationalités et des peuples allogènes (...). Chacun de ces mouvements a sa propre temporalité, sa dynamique interne, ses aspirations spécifiques, qui ne sauraient évidemment être réduites ni aux slogans bolcheviques ni à l’action politique de ce parti (...). Durant un bref mais décisif instant - la fin de l’année 1917 - l’action des Bolcheviks, minorité politique agissante dans le vide institutionnel ambiant, va dans le sens des aspirations du plus grand nombre, même si les objectifs à moyen et à long terme sont différents pour les uns et pour les autres.»

Parallèlement à tout cela, et bien que cela nous semble rétrospectivement faux, la Révolution en Russie fut dans un premier temps démocratique.

La Russie tsariste et la guerre

La Russie s’est retrouvée à entrer en guerre un peu malgré elle, sous des motifs et des buts contradictoires. Il y avait bien quelques territoires en jeu, mais cette guerre en était une d’impérialisme mondial. «En même temps, la Russie, en qualité de grande puissance, ne pouvait s’abstenir de participer à la mêlée des pays capitalistes plus avancés, de même qu’elle n’avait pu, durant l’époque précédente, se dispenser d’établir chez elle des usines, des fabriques, des voies ferrées, d’acquérir des fusils à tir rapide et des avions.» L’autocratie russe et la bourgeoisie «vivaient et subsistaient de leur liaison avec l’impérialisme étranger, le servaient et ne pouvaient tenir sans s’appuyer sur lui». Si les travailleurs russes n’avaient pas d’intérêts mondiaux, la bourgeoisie, elle, en avait sous la forme de l’impérialisme.

L’armée russe de son côté pouvait réussir contre des peuplades semi-barbares, mais dans la défense du pays avec ses vastes étendues et ses routes impraticables cela posait un problème. «(…)sur le terrain européen, cette armée ne pouvait agir que comme composante de coalitions ; pour la défense du pays, elle ne remplissait sa tâche qu’à la faveur d’immenses espaces dont la population était rare et les chemins impraticables.» «La demi-abolition du servage et l’institution du service militaire obligatoire modernisèrent l’armée tout autant que le pays — autrement dit, introduisirent dans l’armée tous les antagonismes d’une nation qui avait encore à faire sa révolution bourgeoise.» Rapidement l’armée manqua jusqu’au nécessaire. «. Armées, semblait-il au premier jour des hostilités, comme il convenait, les troupes se trouvèrent bientôt dépourvues non seulement d’armes, mais même de bottes.» «(…) le général Roussky faisait aux mêmes ministres l’aveu suivant : «Les exigences modernes de la technique militaire sont supérieures à nos possibilités. En tout cas, nous ne pouvons rivaliser avec les Allemands.»» Un autre officier fit la remarque suivante: «La guerre contre les Allemands est sans espoir, car nous ne sommes pas en état de faire quoi que ce soit. Les nouvelles méthodes de lutte deviennent même pour nous des causes de revers.» Comme les conscrits étaient des paysans dans un état de semi-servage il ne trouvèrent aucune raison à être fidèle au tsar, et il y eut de plus en plus de désertion. «L’armée russe, au cours de la guerre, éprouva plus de pertes que n’importe quelle autre armée engagée dans le massacre : elle eut environ 2 millions 500 000 hommes tués, soit 40 % des pertes de toutes les armées de l’Entente.» «Dès le 17 septembre 1915, Kouropatkine notait, s’en référant à Goutchkov : «Soldats et sous-officiers ont débuté dans la guerre avec ardeur. Ils sont à présent exténués et, à force de battre en retraite, ils ont perdu toute foi en la victoire.»» «Tous, sans exception, ne s’intéressaient qu’à une chose : la paix… Quel serait le vainqueur ? Que donnerait cette paix ? C’était le moindre des soucis de l’armée : elle voulait la paix à tout prix, car elle était lasse de la guerre.» «La direction de la gendarmerie de la province de Pétrograd communique, en octobre 1916, se basant sur le rapport d’un fondé de pouvoir de l’Union des zemstvos, que l’état d’esprit de l’armée est alarmant, que les relations entre officiers et soldats sont extrêmement tendues, qu’il se produit même des collisions sanglantes, que, de tous côtés, l’on rencontre des milliers de déserteurs.»



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