Catégories
Notes récentes
Les Pensées (1)
[September 9, 2010]

Le schoping des gènes
[September 7, 2010]

Divagation
[September 6, 2010]

La volonté
[September 5, 2010]

Le deuxième sexe (de Beauvoir)
[September 4, 2010]

[30/07/2010 7:52 pm]
Léconomie comportemental
Un des dogmes, sans contredit, de l’économie, le plus biaisé et néfaste, est le laissez-faire, qui repose sur le postulat que l’homme est dans son activité courante un homo oeconomicus (rationnel). Ce qui implique que dans la presque totalité des décisions, l’homme ordinaire saura maximiser ses espérances d’utilité.  Ses choix étant supposément constamment judicieux. Mais c’est trop simplificateur, car on ne prend pas en compte la complexité psychologique de l’agent économique. «L’approche classique de la théorie économique consiste à postuler la rationalité des acteurs. Mais la psychologie expérimentale des décisions a généré, depuis les années 1960, un courant d’études, l’économie comportementale, qui montre la pluralité des normes qui guident nos choix.» D’autant plus que pour Keynes, même si les décisions prisent sous l’intérêt personnel seraient toujours rationnelles –ce qui n’est pas le cas- «il n'est pas correct de déduire des principes de l'économie que l'intérêt personnel éclairé oeuvre toujours à l'intérêt public.» Ceci nous semblant une véritable évidence, on se demande pourquoi tant de gens, qui se prétendent économiste, nous vantent les vertus du laissez-faire. On pourrait même réduire l’économie à deux courants antagonistes : ceux qui font preuvent d’une malhonnêteté intellectuelle sidérante et ceux qui acceptent de réviser les dogmes à la lumière de l’expérimentation et des découvertes en psychologie, qui ont lieu à partir de mise en situation et de jeux pertinents. «Pour Keynes, l'économie est une science morale, fondée sur les anticipations et les états d'âme d'individus qui n'ont rien à voir avec l'agent rationnel des manuels d'économie. La psychologie y joue un rôle fondamental. L'amour de l'argent, moteur du capitalisme, est ainsi «une passion morbide plutôt répugnante, une de ces inclinations à moitié criminelles, à moitié pathologiques, dont on confie le soin en frissonnant aux spécialistes des maladies mentales» ».

L’utilité et la maximisation

«L’utilité désigne en économie la valeur qu’un sujet accorde à un bien, et l’espérance d’utilité tient compte de la probabilité pour ce sujet (compte tenu de ce qu’il sait) d’obtenir ce bien. Selon la théorie classique, tout sujet rationnel maximise ses espérances d’utilité.» Ce qui est d’une fausseté accablante. On a qu’à penser à tous nos achats qui semblaient, à prime abord, rationnels et justifiés, mais qui s’avèrent être d’une magistrale inutilité, après coup. Les biens de luxe et de divertissement en font évidemment partie. Mais il y a aussi les comportements néfastes, comme faire quelques kilomètres en voiture pour économiser presque rien. Dans tout cela, rien de très rationnel.

«Le grand sujet de préoccupation de l’économie expérimentale est en effet la psychologie de la décision. En 1967, D. Kahneman rencontre A. Tversky, et les deux hommes collaborent étroitement à concevoir et interpréter des expériences qui font état des anomalies de comportement des agents économiques».


Une psychologie des décisions économiques

«Ainsi, les deux chercheurs mettent le doigt sur de nombreux «biais de jugement» courants, qui ne relèvent pas d’un calcul exact, ni de l’application d’un principe de maximisation des profits.

Par exemple, ils montrent, à de nombreuses reprises, que leurs «cobayes» sont de mauvais évaluateurs de probabilités, ou bien encore se laissent influencer par des valeurs saillantes ou des calculs qui ne correspondant pas à des espérances optimales. Ainsi, par exemple, beaucoup de gens vont juger qu’une augmentation de salaire annuel de 1500 dollars associée à une inflation de 5% est préférable à une augmentation de 600 dollars sans inflation (le salaire de départ est de 30000 dollars annuels). Évidemment, c’est le contraire qui est «rationnel». A. Tversky et D. Kahneman font également état des discontinuités qui affectent les jugements humains: si l’on vous propose de tirer à pile ou face la perte de 1000 euros contre un gain de 1050 euros, vous direz non. Mais si l’on met en jeu 10000 euros contre la moitié de la fortune de Bill Gates, alors beaucoup de gens disent oui. Pourtant, le risque existe de perdre beaucoup plus.

Tous ces biais, qui induisent à autant d’anomalies de calcul, D. Kahneman et A. Tversky en ont fait l’expérience, relevant à quel point les décisions ne se passent pas comme le voudrait la bonne économie. Sans les expliquer pour autant, ils ont tenté de les caractériser psychologiquement: ces biais résultent de ce qu’ils appellent des «heuristiques», c’est-à-dire des raisonnements que nous appliquons de manière routinière, aux situations quotidiennes, sans chercher à vérifier leur pertinence. D’autres chercheurs, après eux, s’efforceront de montrer qu’il ne s’agit pas de simples artifices expérimentaux: les biais de jugement (et de comportement) expliquent par exemple que beaucoup de gens se laissent entraîner à contracter des assurances sans véritable intérêt, effectuent des déplacements coûteux sous le prétexte de «faire des économies», et n’arrivent pas à ajuster leurs dépenses à leurs revenus.»

Tout cela nous démontre abondamment que la théorie économique n’aurait jamais pu prévoir de telles nuances, et que c’est au contact de l’expérimentation qu’elle peut prétendre être une science. Dans le cas contraire, ce n’est qu’affabulation et préjugés.

Les deux types d’économie vs les deux types d’hommes

Nous avons mentionné qu’il y avait, en gros, deux types d’économie. La première, classique, qui postule toute une série de prémisses invérifiées, qui par la suite deviennent des dogmes biaisés, car ils ne prennent pas en compte nos biais subjectifs qui orientent notre réflexion. La deuxième type d’économie, iconoclaste, qui tente, prioritairement, de pulvériser le corpus, en testant les principes admis par la doctrine idéologique économique, en introduisant une réflexion morale et des données expérimentales psychologiques, est beaucoup plus vraisemblable et opérationnelle.

Incidemment, le premier type classique est défendu et devient la doctrine officielle du type d’homme orgueilleux et égoïste. Celui-ci ne veut pas faire partager le fruit de son travail. Ou, s’il le veut, c’est avec sa famille et ses proches. La société étant un organe trop abstrait, il refuse de lui céder quoi que ce soit. Ce sont en général des personnes qui réussissent bien, qui se trouve facilement des emplois assez rémunérateurs, qui ont souvent aussi eut la chance de choisir le bon métier, la bonne profession, savent vendre leurs compétences et ont une grande capacité à rebondir, d’autant plus qu’elles ont connu peu d’échec. Donc, ces gens ne veulent payer aucun impôt et aucune taxe. Pour eux, c’est du vol. Ils ont aussi l’immaturité à pousser la prétention que l’État ne possède pas le monopole de la violence légitime (Weber). Autrement dit, ils seraient restés, dans leur développement de l’enfance, bloqué au stade où il nous faut comprendre que l’on ne peut violenter un autre individu, sous peine que la violence légitime de l’adulte doit punir. Par la suite, ils ne comprendront pas que l’État emprisonne légitimement les êtres asociaux, car pour eux ce devrait être plutôt la vengeance et la mort, d’où l’idée de se protéger avec une arme à feu. Ce n’est évidemment pas une question d’intelligence. Prenons le cas de la secte Le Québecois libre, et d’un certain gourou, Martin Masse, brillant, mais avec de grandes failles, puisqu’il considère que l’État soutire par le vol et la violence l’impôt des contribuables. Pour lui l’État à le monopole de la violence, mais elle n’est pas légitime. Très grosse erreur qui vient complètement toute fausser son argumentation et ses supposées idées. Car il croit qu’il propage des idées sur son site. Malheureusement, les idées demandent un peu plus de maturité et d’honnêteté. Ce sont davantage de très gros préjugés que des notions scientifiques. Que sont les notions au juste? Bien, des propositions qui utilisent le raisonnement logique et qui passent l’épreuve du test. Dans le cas des économistes de droite, leurs divagations sont vraisemblables, sans plus. Et surtout d’une inculture crasse. Manque de sociologie, manque d’anthropologie, manque de psychologie. Bref, d’une ignorance qui s’ignore, mais qui se croit très brillante. Pour terminer sur ces êtres incontestablement contestables, disons qu’ils ont la prétention de s’être créés eux-mêmes, sans l’aide de la société. Et qu’ils ont une forte estime de soi, un peu déplacée.

Le deuxième type d’homme, qui correspond à celui qui teste les dogmes et qui demande des preuves tangibles de ces assertions, est beaucoup plus serein, parce que plus modeste. Il sait ce qu’il doit à la société. Il connaît bien les mécanismes de l’apprentissage : il admet que ce n’est pas lui qui pense en solitaire, mais que ce sont les livres gratuits qui lui ont permis d’avancer, grâce aux prédécesseurs et aux ouvrages phares. Mais ces livres gratuits, il n’aurait pas pu les payer, c’est en ce sens un véritable cadeau de la société, inestimable, qui a plus de valeur que toutes les richesses monétaires du monde. Lui seul aura compris que l’effort que le gouvernement lui demande en retour (une partie de son salaire) n’est que le principe même de la véritable justice. Mais il y a aussi les gens qui ne lisent pas. Mais eux ont tout compris cela instinctivement, parce qu’ils ont des valeurs hautement humaines.


Commentaires

Poster un commentaire
Nom:


Email:


Titre:


Commentaires:

Code:




Albums photo



Photos récentes
powered by Blog System


Partenaires: